Oh Captain, my captain !

Journal de l’intendante- quelque part dans l’Inachevé-Instant T

« La vie a-t-elle un sens ? Où trouver la raison de notre existence ? Suis-je bien vivante ? » Le radeau a le mérite de nous promettre un « non lieu »  plutôt que la lune ; des questions plutôt que des réponses. Capitaine, vous rendez possible cette aventure. L’idéal de société nécessite à mon sens plusieurs ingrédients indispensables : Bienveillance, entraide et considération.  Ce sont des valeurs simples, peut-être naïves, peut-être banales mais qu’on oublie bien souvent dans le rythme effréné de nos vies. J’ai ressenti la dés-accélération lente sur le Radeau Utopique comme le début d’un archipel prometteur.  L’éloge de la lenteur est nécessaire dans mon idéal. Savoir s’arrêter est vital. Elle m’a permis de voir, de percevoir et de ressentir l’instant présent. Don’t miss the show of present disait Serge Marquis.

J’ai aussi été traversée par la sensation d’un certain équilibre. Quand la vie personnelle s’équilibre avec la vie professionnelle et que la frontière entre les deux n’est plus aussi tranchée, opposée, frontale. Que la vie intime nourrisse le travail à bord du radeau et que ce dernier ne soit plus labeur éprouvé mais plaisir enrichissant. Ne plus être addict au vendredi soir et allergique au lundi matin. Ne plus attendre désespérément les vacances pour « s’arrêter » mais les percevoir dans la continuité du quotidien serein. J’ai aperçu cet archipel où le temps n’est pas saucissonné mais sans cesse à savourer. Le temps s ‘arrête à bord du radeau.

J’ai été portée par le groupe dans les tempêtes difficiles. Bienveillance. Entraide. Considération. J’ai éprouvé la force du collectif et la nécessité de temps plus solitaires. L’Utopie n’est pas une île déserte sur laquelle on se retrouve seul avec soi –même. Mon utopie est un état d’esprit, un instant au moment où tout semble aller contre soi. Quand chaque choix n’est  plus que la négation des autres éventualités. L’Utopie est cet instant précis durant lequel la vie reprend ses droits et qu’elle redevient alors un carrefour des possibles. Cette expédition si expérimentale a beaucoup questionné les relations de travail où l’équipage- intégré corps et âmes au navire – travaille donc constamment. Cohésion de groupe. Effet de troupe. Transmission des savoirs. Aventure humaine. Merci à toi cher équipage. Merci à toi Capitaine ; ensemble nous sommes allés à la conquête de nos rêves.

Néanmoins, je n’ai pas trouvé l’Utopie. Mais elle s’est dessinée plus nettement. Avant d’arriver, il faut savoir vers où l’on va. Il y a eu aussi : stress – course après le temps – question d’organisation- autorité autoritaire.  Si c’était à refaire, je le referais car c’est une expérience humaine puissante et même grisante à certains instants. Mais lorsque je me suis échouée durant l’Apocalypse sur cette nouvelle île, j’ai tenté de retrouver le Capitaine et son équipage. Mais j’étais en fait déjà tournée vers d’autres rivages.

« O Captain! My Captain! our fearful trip is done;

The ship has weather’d every rack, the prize we sought is won; »

Je vous embrasse tendrement,

Mathilde

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